Très intéressant, ce post !
Merci chwince
Ah, la dualité du genre humain !
Quand on compare ton 1° post avec ton dernier, c'a saute à la figure.
Le temps commence à faire son oeuvre, et comme c'est le présent qui fait le quotidien ...
Le traumatisme lié à la perspective de commettre quelque chose que l'on ne pourra pas réparer commence tout doucement à se déliter.
Tu te remémores tes faits de guerre passés.
Tu te dis que cela sert ton sujet, illustrant combien on peut devenir criminel sans en avoir en aucune façon le désir.
Mais au fond, ces souvenirs sont ... de bons souvenirs parce que avec eux on est dans l'illusion de l'immortalité, parce que l'on s'en est tiré.
Aucune mise en cause personnelle dans ces propos.
Mais comme tu avais placé ce post sous le signe de la franchise et de l'humilité, ce que je salue, je contribue sur le même registre.
Le coeur du problème ne serait-il pas cette funeste propension humaine à chercher le risque pour se savoir en vie ?
Et dans cet exercice, la moto, c'est vraiment un truc pas mal.
Ensuite, on peut tenter d'analyser ton accident; exercice difficile parce que l'on était pas là.
Pour moi, la cause de ton accident, c'est ton manque de lucidité du moment, mais qui peux te dire:
- moi, c'a ne m'est jamais arrivé ?
Ensuite, selon ton récit, ton acceptation d'aller "au tas" comme une perspective envisageable et, dans ton fort intérieur, assumable, ne concernant que toi, ta vie qui est ta propriété et dont tu fais ce que tu veux.
Et là, surprise, alors que pour toi, tout baigne, puisque que au fond, avec tes situations passées sur le fil du rasoir (cf ton dernier message) tu est immortel, tu réalises que les autres usagers de la route dont tu savais déjà que eux était mortels, tu peux être responsable de leurs souffrances et mort.
Bon, je ne sais pas si j'ai juste, te concernant; en plus, qui suis-je pour t'épingler ce constat ?
Disons que j'ai pas mal réfléchis sur la question et que je me sentirai moins seul si tu me disais que je suis pas loin de la vérité
Perso, je ne vois qu'une piste relativement efficace pour lutter contre ce constat qui n'élève pas l'espèce humaine:
- travailler à ce que les autres aient de la valeur à nos yeux et compter pour les autresC'est pour cela qu'en général, nos conjoints et enfants ont tendance à freiner, dans une certaine mesure, nos pulsions, potentiellement homicides.
Moins évident mais très souhaitable:
- Se forcer ( parce que la route déshumanise) à considérer que ce ne sont pas des véhicules que l'on croise ou double mais des êtres vivants qui pourraient potentiellement être nos conjoints, parents, enfants, amis, ...
Accessoirement, on peut travailler à la maîtrise de l'art du pilotage mais cela ne fait que décaler les limites du raisonnable et quand elles sont dépassées ...
A mon sens, laisser tomber la moto, dans ces circonstances est une position qui se respecte.
A part que si la moto n'est qu'un moyen, certes intéressant pour se mettre à l'envers, ce n'est pas le coeur du problème.
La manip' est possible avec tout ce qui roule, avec plus ou moins de perspectives de succès.
Ton témoignage nous plonge "dans la vraie vie" que l'on préfère souvent occulter parce qu'elle nous dérange.
Il nous dis que la moto, c'est dangereux et c'a fait mal.
Il nous dit, humblement, que ce qu'il y a de plus dangereux se trouve sur la selle.
Alors, je te rends grâce pour cela.
Tu as peut-être sauvé quelques vies.
Mais attention quand même,
Si la perspective de l'accident potentiel et des dégâts causables et non réparables peut retenir,
La crainte du crash n'est pas toujours bonne conseillère.
Combien de conducteurs voient leurs capacité de contrôle de leur véhicule à deux ou quatre roues entravée par l’appréhension ?
Qui n'a pas déjà vu une voiture qui ne sait pas doubler proprement un camion ou une moto qui va tout droit sous la pluie alors qu'elle pouvait tourner, tout cela parce que les conducteurs respectifs appréhendaient ?
Plutôt que de prendre la route avec de la peur, je préfère y aller avec de l'intérêt pour autrui.
Cela me permet, tout en étant, d'un point de vue limitation de vitesse, un délinquant de la route, quelqu'un de même nature que toi, c'est à dire faillible, mais responsable.
Alors, que tu remontes sur une moto ou pas, c'est ton choix.
Ce dont je suis certain, à te lire, c'est que tu es moins dangereux aujourd'hui qu'hier.
Mais c'est un bien fragile, notre "naturel" nous rend si facilement amnésique.
Merci de me "rafraîchir" la mémoire !
Longue route à toi !
