Actuellement en fin de restauration d'une GPZ 1000 RX de 1987, je suis tombé sur une véritable énigme. J'y ai passé de nombreuses heures, plusieurs essais, fait le tour du net. Ayant l'impression d'avoir fait le tour de la question, et n'étant pas pour autant sorti d'affaire, je me tourne vers ce forum. Je pense que des passionnés ainsi que des expérimentés pourraient m'apporter leurs avis, et éventuellement, solutions.
Je m'explique donc.
Cela concerne le frien arrière.
J'ai effectué une réfection complète de l'ensemble, et un nettoyage approfondie des différentes pièces.
Concernant l'étrier: changement du joint et caches-poussières ainsi que de la valve de purge, mise en place de plaquettes neuves carbone-lorraine. Changement des soufflets par des neufs, graissage des axes et vérification de la bonne translation de l'ensemble.
Pour la durite: changement pour une aviation, avec vis banjo neuves.
Enfin le maître-cylindre: changement des internes par du neuf, piston, joint à lèvres associé ainsi que ressort et coupelle.
Lors du remontage, j'ai galéré à amorcer (premier indice que ça va couiller...).
En remplissant le bocal de DOT4, le niveau baisse à peine. Et rien ne s'amorce en pompant.
En tirant au vide avec une seringue par la valve de l'étrier, aucun liquide.
Et en poussant à l'inverse pour injecter le liquide je monte en pression directement.
Comme s'il n'y avait pas de relation entre l'étrier et le bocal (à première vue...).
Après plusieurs essais des différentes techniques, j'arrive finalement à amorcer et à purger.
Premiers essais de roulage: je sens la bécane poussive au bout de quelques minutes. Dès que je coupe les gaz j'ai l'impression qu'elle freine. Et pour cause !... Étrier arrière bouillant, disque à la limite de bleuire, roue arrière bloquée au bout de quelques instants d'arrêt.
Un peu plus et je faisais de la soudure !
En ouvrant la valve, je purge la pression du circuit et l'étrier dessert son étreinte.
Je me dis "ok tu as merdais sur le remontage". Je redémonte tout, vérifie, rien à signaler.
Nouvelle galère pour amorcer, mais rien de plus.
Roulage suivant (oui en parallèle je suis en réglage de la carburation, et n'ayant pas de banc de puissance, ben à l'ancienne quoi !
Heureusement juste avant que ça merde vraiment car j'avais anticipé, mais même symptômes.
Ces derniers sont donc les suivants: après quelques freinages (ou même quelques km sans toucher le frein arrière) =>
-étrier en prise sur le disque.
-circuit hydraulique sous pression (la pédale de frein est complètement dure, et la pression se casse en ouvrant la valve de purge).
-niveau inchangé dans le bocal.
Et je précise que malgré la première petite chauffe, le disque arrière n'est en aucun cas voilé.
Mon diagnostic: aucune relation entre le côté durite/étrier du circuit et le bocal, via le maître-cylindre. En roulant, la friction des plaquettes entraîne une montée en température de l'étrier, donc du liquide de frein. Ce dernier ne pouvant se dilater, fait monter le réseau en pression. Ce qui pousse un peu plus le piston donc la plaquette. Ce qui augmente la friction donc la chauffe, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'étrier morde la roue arrière jusqu'au blocage.
Pour dédouaner l'étrier, le fait d'ouvrir la valve de purge pour casser la pression libère la roue. Ce qui confirme que le piston rentre bien. Pour tuer le doute j'ai bien sorti le piston en pompant, retirer la durite puis appuyé dessus. Il rentre parfaitement.
Concernant la durite, j'ai vérifié son libre débouché (même si elle est neuve sais-t-on jamais) et rien à signaler.
Pour valider l'ensemble, j'ai remonté étrier et durite, sans la raccorder au maître-cylindre et injecter du liquide via la valve de purge en poussant à la seringue. Ça sort bien par le raccord banjo opposé non raccordé, encore une fois rien à signaler.
Par contre, et c'est là que ça commence, lorsque je fais le même test raccordé au maître-cylindre je monte en pression directement, aucun retour vers le bocal.
J'en reviens donc à la conclusion: par de retour au bocal via le MC.
Je me dis donc "ok une canalisation interne est obstruée". Je redémonte le MC et vérifie le libre débouché des canalisations, je ressorts quelques merdes mais rien de transcendant. En soufflant avec ma bouche dans les orifices ça circule bien, aucune obstruction. Nickel.
Ca devrait donc fonctionner ! Nouveau remontage et test dans la foulée, avec le même résultat.
Je redémonte une nouvelle fois le MC (c'est à devenir dingue
Lorsque l'ensemble tige de poussée (avec circlips et rondelle) et piston interne sont montés, aucune communication entre la durite et le bocal. Sans même avoir appuyé sur la tige comme lors d'un freinage (donc le réglage de la course éventuelle avec la pédale n'est pas en cause).
Pourtant lorsque l'on freine, on vient obturer cette canalisation pour pouvoir comprimer le liquide (qui est incompressible) dans la chambre du MC, et ainsi via la durite pousser le piston, donc les plaquettes et in fine pincer le disque.
Hors là dès le début, sans même avoir appuyé, l'orifice est déjà bouché !
Je me dis "ok, le piston en interne est trop grand, Wemoto ou Tourmax ont fait de la merde. En commande internet ça arrive".
Le truc c'est que l'ancien est parti à la poubelle par inadvertance...
J'achète donc un autre étrier d'occasion, le démonte, et là grosse déception. Le piston ainsi que les joints et ressort sont exactement les mêmes... Mon kit de réfection était donc bon !
Je ne comprends donc pas. Théoriquement, ce système n'est pas fonctionnel. Hors il est de série sur les 1000 RX, et après plusieurs heures de recherches sur le net je n'ai trouvé aucunes traces de ce genre de problème. Ce qui est sûr c'est que sur d'autres Kawa ça fonctionne, alors que lorsque je me penche sur mon MC (ainsi que le deuxième d'occas') ben ça ne peut pas fonctionner.
Ou alors c'est que je n'ai strictement rien comprit au fonctionnement, mais après plusieurs heures à avoir bûché le sujet et fait des essais, j'y crois peu (en toute humilité).
J'espère ne pas avoir été trop long, et assez clair. Mais j'avoue que j'arrive à bout de solutions et d'idées.
Si certains d'entre vous peuvent m'apporter leur expertise, expérience, œil neuf, ou tout autre aide, vous êtes les bienvenus.
Merci d'avance !




