Re: Le Dark dog moto tour en 500 GPZ
Publié : 06 févr. 2015, 11:39
Pfffff… Bon, la moto est posée à l’horizontale, le guidon sur le bitume, les roues en appui contre la falaise… Ma patte gauche est bloquée avec le genou bien comprimé, je suis encore assis sur la selle…J’essaye de dégager ma patte…
Euh ouille, ça pique, mon genou est à 90° par rapport à ma cuisse… le slider vient en butée sur le rebord franc du bitume et la coque intérieure est arrêtée par le réservoir… Impossible de dégager ce foutu slider…Pis de toute façon le bas de ma jambe sert de béquille au reste de la moto…
Soulever la brêle… Je n’arrive pas à ramener ma jambe droite au-dessus de la selle, pas d’appuis, à moitié sur le dos et sur les coudes, je n’arrive pas à la repousser de plus d’un ou deux centimètres… Dès que j’essaye de forcer d’une façon ou d’une autre pour dégager mon genou un petit pic de douleur me parcours la jambe… Manquerai plus que je me fasse une entorse ou un tour de rein…
Je suis comme un con…Planté sur ma moto au milieu de nulle part…Bon ben va falloir attendre une bonne âme, qui de Rémy ou du concurrent qui nous suit sera là en premier ?
Le temps est long dans ces moments-là… J’ai bien pensé à allumer une clope mais l’odeur d’essence qui doit sortir par le trop plein m’en dissuade…
Bon, faut rester actif, le bucheron va bien finir par s’apercevoir que je ne suis plus là… Mais vu la route, on ne passe pas non plus sa vie à regarder dans les rétros, quant à trouver un endroit pour faire demi-tour… ça risque de durer…
Je vire mon casque et mes gants pour essayer de choper mon portable… Pas de réseau… Bien sûr… tiens un bruit de tromblon… V’là le Saint-Bernard… Enfin…., euh plutôt Ouf !!!
« Ben alors ? »… « Non rien, j’avais envie de faire une petite pause !! »… « Rien de cassé ? »… « Je crois pas »… En deux secondes la moto est sur ses roues, dans le fossé caillouteux, mais sur ses roues et moi toujours dessus... L’est trapu le bucheron…
Contact, démarreur et broap, la moto démarre, première, embrayage… Retour sur le bitume… Je récupère mes affaires et me voilà prêt à partir, sans dégats sur la machine (merci les pare-mains et les leviers rabattables), avec une petite atteinte à l’amour propre, et un genou qui lance, on verra ça une fois arrivé… Merci Rémy…
Direction le circuit les routes sont toujours aussi merdiques, les graviers toujours aussi nombreux… Bizarre comme j’avais fini par ne plus leur prêter attention ces deux derniers jours… La piqure de rappel est faite… Par contre, je ne me sens plus du tout fatigué… allez on y est presque…
Rémy assure la nav et me traine jusqu’à Alès, je ne repasserai devant qu’une fois arrivé en ville, je connais bien la route… Après tout ce temps passé dans la montagne, ç’est étrange de retrouver la civilisation, la fourmilière installée sur le paddock… CH, nous sommes en retard… Nous allons dans la file d’attente pour la spéciale… Une soixante de bécanes nous précède… Yaya arrive…
Le temps d’attente pour cette spéciale sera particulièrement long… En plein soleil fait chaud, mais, pour la première fois depuis le début du rallye toutes nos connaissances sont réunies autour de nous, concurrents côtoyés sur le parcours, membres du moto club (avec de l’eau et des douceurs), bénévoles… Les discussions vont bon train…Un vrai bon moment…
Je profite de ce répit pour faire le tour de la machine : Rien de rien… Elle n’a pas souffert de sa chute… De mon coté, l’équipement est lui aussi intègre mais mon genou à bien pris une secousse, plus il refroidit, plus il se fait sentir… On verra ça ce soir…
40 minutes s’écoulent et voilà le moment de se présenter au départ de cette Putain de spéciale :
Départ à contre sens sur le circuit de vitesse sur ¾ du tracé, montée infernale vers la piste de rallye, une enfilades de virolos entre glissières et portails suivi de 1,5 Km de routes défoncées, gravillonneuses ou terreuses, en aveugle sur les virages, montées et descente bien sévères (saut possible pour les plus rapides), pour finir sur la portion utilisée pour les stages de Serge Nucques (cette portion-là, je la connais par cœur), du gros, du TRES gros…
J’en ai la boule au ventre car si j’ai jusque-là effectué les spéciales sans reco ni appréhension en partant du principe qu’une route ouverte sécurisée avec homologation FFM et arrêté préfectoral ne devait pas recélé de coups tordus (ce qui s’est avéré exact), il en est tout autre avec celle-ci, je connais le parcours « Rallye » et il ne faut pas oublier qu’il a été conçu pour être un banc d’essais, un piège à pilotes…
Mais, c’est justement ça qui est bon… Allez GO !!! Départ au top, et début du truc de ouf… Où est ce que l’on se place sur un circuit inconnu ???? Ben au ras des vibreurs tiens… Et ça commence pour ce grand grand grand droit et Gazzzz… puis Scritch… le sabot racle déjà… Trouver les trajectoires inverses… Je frotte de partout, je suis limité dans le déhanché par ce foutu genou qui me lance à chaque sollicitation, on s’en fout…. Enchainement des virages sur la piste… angle maxi mais beaucoup de sous régimes, j’suis trop sur la réserve… Allez faut pousser… La montée, se lever sur les reposes pied pour charger l’avant, Hop en haut de suite l’épingle à gauche, à droite accélérer jusqu’au portail le commissaire fait des signes pour indiquer le (vilain) droite qui suit, tout sur les freins… oops là… encore une montée et ce sera le plateau qui tourne de suite à gauche… Ho putain le nid de PO… BANG…ULE.. Et merde, j’ai tapé vraiment fort mais bien droit, pas se sortir, le pied, coucher la moto, ouf pas dans l’herbe allez gaz, là, je connais, les trois prochains virages passent en enfilade à fond en rasant à droite et à gauche les haies puis la colline, au bout c’ est tendu, soit je saute, soit je freine pour enquiller la descente… J’aurai pas à me poser la question, les organisateurs ont mis une chicane, tu m’étonnes, derrière c’est franchement abrupte et en devers sur la droite… Garder du rythme, je connais pas cette partie de la piste mais je sais qu’au fond c’est un 180 à gauche en haut d’une petite bosse, les virages s’enchainent, j’aurais pu passer plus vite… le gros 180, c’est passé…Retour sur la piste école, MA piste… le raidillon, freinage exter et plonger inter sur le plateau pour le 180 à gauche, merde j’ai foiré le rétrogradage, je me retrouve collé à la corde… Fait Chier, je claque du pied pour pas me vautrer… AIE .. Le genou.. Tant pis, le diabolo (descente puis remontée dans la foulée dans le même virage à droite), aller chercher le cône en déhanchant pour se redresser, et passer la bosse gaz en grand au ras de l’herbe, la 3, la 4, se coller à bien gauche pour le 180 à droite en devers, GROS GROS freinage, pas se chier sur le retrogradage en 1 sinon c’est tout droit, garder le frein avant le plus possible en plongeant sur la corde et frein arrière pour se recoller au ras de l’herbe, en grand, 2 eme, 3 ème pour monter le raidillon, sortir le pied en rendant les gaz, plonger de suite, re en grand dans la descente passer la 4 et repasser en 2 sur le gros freinage avant la parabolique à droite, ne pas regarder en face, aller chercher du regard la fin du virage, sortir le cul, j’suis que je peux poser le genou, allez gaz, scritchhh YESS… Redresser, ouvrir, la 3, zone rouge, la cellule… Se redresser vite pour un freinage énooorme avant de sortir de la piste, et prendre la descente vers la tente de fin de spéciale… J’suis en nage, j’ai le cœur qui m’explose les tympans.. .
J’suis vivant, content et heureux…
Yaya arrive, je n’avais plus vu ses yeux pétiller comme cela depuis longtemps…
Euh ouille, ça pique, mon genou est à 90° par rapport à ma cuisse… le slider vient en butée sur le rebord franc du bitume et la coque intérieure est arrêtée par le réservoir… Impossible de dégager ce foutu slider…Pis de toute façon le bas de ma jambe sert de béquille au reste de la moto…
Soulever la brêle… Je n’arrive pas à ramener ma jambe droite au-dessus de la selle, pas d’appuis, à moitié sur le dos et sur les coudes, je n’arrive pas à la repousser de plus d’un ou deux centimètres… Dès que j’essaye de forcer d’une façon ou d’une autre pour dégager mon genou un petit pic de douleur me parcours la jambe… Manquerai plus que je me fasse une entorse ou un tour de rein…
Je suis comme un con…Planté sur ma moto au milieu de nulle part…Bon ben va falloir attendre une bonne âme, qui de Rémy ou du concurrent qui nous suit sera là en premier ?
Le temps est long dans ces moments-là… J’ai bien pensé à allumer une clope mais l’odeur d’essence qui doit sortir par le trop plein m’en dissuade…
Bon, faut rester actif, le bucheron va bien finir par s’apercevoir que je ne suis plus là… Mais vu la route, on ne passe pas non plus sa vie à regarder dans les rétros, quant à trouver un endroit pour faire demi-tour… ça risque de durer…
Je vire mon casque et mes gants pour essayer de choper mon portable… Pas de réseau… Bien sûr… tiens un bruit de tromblon… V’là le Saint-Bernard… Enfin…., euh plutôt Ouf !!!
« Ben alors ? »… « Non rien, j’avais envie de faire une petite pause !! »… « Rien de cassé ? »… « Je crois pas »… En deux secondes la moto est sur ses roues, dans le fossé caillouteux, mais sur ses roues et moi toujours dessus... L’est trapu le bucheron…
Contact, démarreur et broap, la moto démarre, première, embrayage… Retour sur le bitume… Je récupère mes affaires et me voilà prêt à partir, sans dégats sur la machine (merci les pare-mains et les leviers rabattables), avec une petite atteinte à l’amour propre, et un genou qui lance, on verra ça une fois arrivé… Merci Rémy…
Direction le circuit les routes sont toujours aussi merdiques, les graviers toujours aussi nombreux… Bizarre comme j’avais fini par ne plus leur prêter attention ces deux derniers jours… La piqure de rappel est faite… Par contre, je ne me sens plus du tout fatigué… allez on y est presque…
Rémy assure la nav et me traine jusqu’à Alès, je ne repasserai devant qu’une fois arrivé en ville, je connais bien la route… Après tout ce temps passé dans la montagne, ç’est étrange de retrouver la civilisation, la fourmilière installée sur le paddock… CH, nous sommes en retard… Nous allons dans la file d’attente pour la spéciale… Une soixante de bécanes nous précède… Yaya arrive…
Le temps d’attente pour cette spéciale sera particulièrement long… En plein soleil fait chaud, mais, pour la première fois depuis le début du rallye toutes nos connaissances sont réunies autour de nous, concurrents côtoyés sur le parcours, membres du moto club (avec de l’eau et des douceurs), bénévoles… Les discussions vont bon train…Un vrai bon moment…
Je profite de ce répit pour faire le tour de la machine : Rien de rien… Elle n’a pas souffert de sa chute… De mon coté, l’équipement est lui aussi intègre mais mon genou à bien pris une secousse, plus il refroidit, plus il se fait sentir… On verra ça ce soir…
40 minutes s’écoulent et voilà le moment de se présenter au départ de cette Putain de spéciale :
Départ à contre sens sur le circuit de vitesse sur ¾ du tracé, montée infernale vers la piste de rallye, une enfilades de virolos entre glissières et portails suivi de 1,5 Km de routes défoncées, gravillonneuses ou terreuses, en aveugle sur les virages, montées et descente bien sévères (saut possible pour les plus rapides), pour finir sur la portion utilisée pour les stages de Serge Nucques (cette portion-là, je la connais par cœur), du gros, du TRES gros…
J’en ai la boule au ventre car si j’ai jusque-là effectué les spéciales sans reco ni appréhension en partant du principe qu’une route ouverte sécurisée avec homologation FFM et arrêté préfectoral ne devait pas recélé de coups tordus (ce qui s’est avéré exact), il en est tout autre avec celle-ci, je connais le parcours « Rallye » et il ne faut pas oublier qu’il a été conçu pour être un banc d’essais, un piège à pilotes…
Mais, c’est justement ça qui est bon… Allez GO !!! Départ au top, et début du truc de ouf… Où est ce que l’on se place sur un circuit inconnu ???? Ben au ras des vibreurs tiens… Et ça commence pour ce grand grand grand droit et Gazzzz… puis Scritch… le sabot racle déjà… Trouver les trajectoires inverses… Je frotte de partout, je suis limité dans le déhanché par ce foutu genou qui me lance à chaque sollicitation, on s’en fout…. Enchainement des virages sur la piste… angle maxi mais beaucoup de sous régimes, j’suis trop sur la réserve… Allez faut pousser… La montée, se lever sur les reposes pied pour charger l’avant, Hop en haut de suite l’épingle à gauche, à droite accélérer jusqu’au portail le commissaire fait des signes pour indiquer le (vilain) droite qui suit, tout sur les freins… oops là… encore une montée et ce sera le plateau qui tourne de suite à gauche… Ho putain le nid de PO… BANG…ULE.. Et merde, j’ai tapé vraiment fort mais bien droit, pas se sortir, le pied, coucher la moto, ouf pas dans l’herbe allez gaz, là, je connais, les trois prochains virages passent en enfilade à fond en rasant à droite et à gauche les haies puis la colline, au bout c’ est tendu, soit je saute, soit je freine pour enquiller la descente… J’aurai pas à me poser la question, les organisateurs ont mis une chicane, tu m’étonnes, derrière c’est franchement abrupte et en devers sur la droite… Garder du rythme, je connais pas cette partie de la piste mais je sais qu’au fond c’est un 180 à gauche en haut d’une petite bosse, les virages s’enchainent, j’aurais pu passer plus vite… le gros 180, c’est passé…Retour sur la piste école, MA piste… le raidillon, freinage exter et plonger inter sur le plateau pour le 180 à gauche, merde j’ai foiré le rétrogradage, je me retrouve collé à la corde… Fait Chier, je claque du pied pour pas me vautrer… AIE .. Le genou.. Tant pis, le diabolo (descente puis remontée dans la foulée dans le même virage à droite), aller chercher le cône en déhanchant pour se redresser, et passer la bosse gaz en grand au ras de l’herbe, la 3, la 4, se coller à bien gauche pour le 180 à droite en devers, GROS GROS freinage, pas se chier sur le retrogradage en 1 sinon c’est tout droit, garder le frein avant le plus possible en plongeant sur la corde et frein arrière pour se recoller au ras de l’herbe, en grand, 2 eme, 3 ème pour monter le raidillon, sortir le pied en rendant les gaz, plonger de suite, re en grand dans la descente passer la 4 et repasser en 2 sur le gros freinage avant la parabolique à droite, ne pas regarder en face, aller chercher du regard la fin du virage, sortir le cul, j’suis que je peux poser le genou, allez gaz, scritchhh YESS… Redresser, ouvrir, la 3, zone rouge, la cellule… Se redresser vite pour un freinage énooorme avant de sortir de la piste, et prendre la descente vers la tente de fin de spéciale… J’suis en nage, j’ai le cœur qui m’explose les tympans.. .
J’suis vivant, content et heureux…
Yaya arrive, je n’avais plus vu ses yeux pétiller comme cela depuis longtemps…



