Cette bécane a, à mes yeux, tout pour elle, un look d’enfer, une distribution au compte goutte, un équipement magnifique, un moteur vivant et une partie cycle à faire pâlir 90% des autres Roadster, bref, c’est plus qu’un Roadster sportif comme le Z1000 par exemple, c’est un véritable Streetfighter.
Quand le concess’ m’a dit « Tu veux l’essayer ? » j’ai hésité un peu intérieurement, l’aura que dégage cette machine posée sur sa béquille agite en moi une attraction mêlée de peur, ce gabarit imposant, les deux grosses gamelles qui burinent l’énorme gommard arrière avec leur 140Cv, le pot hors norme (sauf les normes Euro chose
Mais je pouvais clairement pas rater l’occasion d’essayer une telle machine, s’eut été une véritable insulte à mon permis moto.
Ni une ni deux je dégaine le chéquier, « Une heure sa ira ? », ben tien un peu mon n’veux que ça ira, les virolos sont à dix bornes !
Dernier conseille avant de me filer la clef : elle est en rodage alors vas-y mollo.
Je sors de la concession accueillis par le soleil, ça tape fort sous le blouson, j’essai un modèle tout récent, le dernier, gris métal, jantes rouges, clignos "type Léxus" (blanc quoi) avec 650 kilomètres au compteur.
La clef trouve son chemin, pleins de trucs se passent sur le compteur de vitesse pendant que le compte tour monte à 6 000 tours, régime ou le shift light est programmé, tout les voyants passent au vert, signe que je peux lancer le moteur.
Une pression sur le démarreur, en même temps qu’il se lance, la musique "The Streetfighting man" de Rage Against The Machine commence à me jouer dans le crâne, casque, gant, une grosse réspiration et j’empoigne la machine pour lui faire faire une marche arrière, premier constat : lorsque je la relève de sa béquille les suspensions s’enfoncent légèrement, cool j’aurais peut-être pieds finalement !
Une foi en selle ça se confirme, j’ai pieds ! Les suspat’ se tassent idéalement, la selle ne bronche pas mais n’est pas trop désagréable, le guidon tombe impeccablement sous les mains, aucun appui particulier, les rétros sont bien réglés, bon, petit coup d’œil aux commodos, y à l’essentiel, clignos (placé sous le klaxon, ce qui est stupide), klaxon démarreur, coupure d’urgence et plein phare. Ok, jusqu’ici tout vas bien !
Je passe la première (clac), l’embrayage est d’une douceur merveilleuse, on fait patiner tout ça et l’équipage se lance. Première nouvelle c’est bien un Twin, la première racle bien si on laisse pas patiner jusqu’à 2 500, la moto vibre un peu, juste ce qu’il faut entre les jambes et sous les fesses, les jambes sont agréablement pliées et surtout, la moto est d’une finesse incroyable !
Par contre les corones sont bien posée contre le réservoir, sur les routes pourries ça va faire mal(e) !
Les premières évolutions à basse vitesse révèlent une légèreté très agréable, le grand guidon, en plus d’être esthétique offre un très bon bras de levier, le tout est impeccablement équilibré, petit stop, j’effleure le frein avant et la, le miracle se produit, sa mord tout de suite, et sur une course minuscule la puissance débarque déjà !
Merci les durites avia’ d’origine et le double disque de 320mm 4 pistons.
Finalement le gabarit n’est pas du tout gênant pour moi, il s’apprend vite et le poids ne se fait absolument pas sentire, le moteur cogne un peu en ville, mais normal, c’est un Twin, c’est fait pour les grands espaces !
La voie se dégage, petit rond point, à gauche, deux lignes droites et voilà les virages !
Comme prévue la moto se manie d’une main, il y à une petite réticence lorsqu’on la bascule, une petite inertie, mais une foi qu’elle commence à pencher c’est un régal, elle se relève tout aussi bien, tout se fait au guidon et au frein moteur.
Le frein arrière est tout simplement nul, apparemment y a une pédale de frein, un disque aussi, mais j’ai pas l’impression que tout soit vraiment relié, ou alors ils ont mis de l’eau dans la durite, ou juste de l’air, parce qu’on a beau bourriner la pédale, il ne se passe rien.
Pas du tout agréable cette pédale d’ailleurs, l’ergot est trop petit et trop près du carter, la plus part du temps c’est sur le carter qu’on appuis.
La boite de vitesse par contre est un modèle du genre, elle est ultra rapide et précise, lorsqu’on rétrograde on se prendrait presque pour un pilote, une pichenette sur le levier, un petit clac et la vitesse est enclenchée, absolument aucun reproche à faire, même en rodage !
Coté moteur c’est plus délicat de donner un jugement correct puisque la machine était en rodage, donc 6 000 tours maxi (avec shifter qui viens prévenir et tout), mais de ce que j’en ai vu il se débrouille parfaitement bien lorsqu’on enroule les virages, des 3 000 tours il punche agréablement, passe un léger creux entre 4 et 5 000, puis la poussée reprend et… on coupe parce que bon, j’avais pas le cœur à ruiner un rodage.
Le frein moteur est assez bien maîtrisé, je suis repassé plusieurs fois en première tout en douceur, il en manque un peu sur les autres rapports mais avec ce merveilleux frein avant on s’y fait vite, calé en quatre dans tout les virolos pour se faire des petites sorties bien viriles c’est un régal, les suspensions travaillent très bien, on sent que c’est raide, mais pas tellement inconfortable, même sur les routes pourries.
Doit bien y avoir des trucs qui fâchent alors malgré tout ?
Oui, j’en ai trouvé trois (en dehors du frein arrière), la finition du tableau de bord, c’est pauvre, une plaque en plastoc est posée dessus pour cacher les fils, ça fait pas riche.
La sonorité du moteur, on sent que c’est de l’homologué, ça fait un bruit pauvre, électrique, pire que le Sv avec son pot d’origine.
Et surtout, la béquille ! Je sais pas quel est le crétin qui a pensé ce truc, mais il mériterait un coup de pied ou je pense, l’ergot pour la dépliée est placé… sous le sélecteur de vitesse !
Vhi, juste en dessous, et il ne dépasse pas d’un micropoil, non non, rien, donc quand on veut déplier la béquille ben on passe obligatoirement une vitesse.
Sinon, de ce que j’en ai vu, en été le bouilleur doit sacrément chauffé les miches, à 84° à l’arrêt on sent bien que ça remonte sous le casque, et pourtant la température extérieure n’était pas très élevée, peut-être 20°.
Petit arrêt photos bien sur !
Une foi la belle prise sous toutes les coutures je me suis rapatrié, bilan de l’essai, 40 kilomètres de virolos en une heure et quelque et je me sentais déjà comme à la maison !
J’ai eut du mal à laisser partire l’engin, la finition d’ensemble, la gueule, l’équipement, tout est à pleurer, le prix aussi, mais quelle merveille, le Streetfighter, c’est d’la balle !
Comparé au Sv… ben ça fait un peu mal quand on remonte, ok c’est une bécane sympa, qui joue les malabar avec ses petites réactions et la nervosité de son moteur, mais après un Tuono on sent que ça mouline beaucoup, et surtout c’est tout petit
Par contre c’est plus vif, merci les pneus de vélos !
Tuono snifouilles !
Les + les - :
+ Moteur !!
+ Partie cycle / équipement.
+ Maniabilité / confort.
+ Look.
- Frein arrière / béquille.
- Finition du tableau de bord.
- Faut la rendre au concess.
J'ai trouvé ma tête de liste pour remplacer Charlotte









