Le probleme est de savoir pourquoi compliquer la geometrie et la conception d'une moto, alors qu'une fourche tradi, ça ne marche pas trop mal au final.
Le soucis que voulaient résoudre tous les ingénieurs qui ont voulu trouver un autre système que la fourche téléscopique classique est le suivant : Lors d'un gros freinage, le transfert de masse vers l'avant fait forcément plonger la fouche. Hors, on ne s'en rend plus compte car on a toujours roulé sur des moto comme ça, mais cela a des effets très contraignants sur la conduite. En effet, qui dit fourche comprimée de manière constante (c'est à dire pas un simple aller-retour sur un choc), dit angle de chasse modifié, position du pilote modifiée, contrainte sur le pneu avant accrue (encore plus que le simple transfert de masse) à cause du déplacement de centre de gravité de la moto..... Et tous ces effets doivent être compensés par le pilote pour négocier correctement son virage.
Dans un monde idéal ou l'on aurait une fourche qui ne plonge pas du tout au freinage, on pourrait négocier un virage sans avoir à s'occuper d'autre chose que sa vitesse et sa trajectoire... C'est ce but que visent tous les ingénieurs qui ont voulu déroger à la sacro-sainte fourche télescopique.
Le problème d'une fourche télescopique est qu'elle cumule 2 fonctions participant au guidage de la moto :
-Premièrement elle assure l'amortissement, par l'intermédiaire de ses ressorts et de l'huile qu'elle contient : les ressorts "tiennent la moto", et empèchent la fourche de plonger d'un coup au moindre choc, l'huile sert à "tempérer" le ressort lors de son retour.
-Deuxièmement elle assure une fonction de guidage du mouvement oscillant du train avant : Les tubes de fourche coulissent dans les fourreaux, et permettent à la roue avant de monter lors d'un choc, puis de reprendre sa place initiale.
Le soucis est donc que ces 2 fonctions sont parfaitement alignées car présentes dans le même tube. Il en découle que lors d'un gros freinage, la force exercée par le transfert de masse appuie directement dans l'axe des ressorts de fourche, situation dans laquelle ils s'écraseront le plus facilement.
Des solutions alternatives ont donc été imaginées, mais dans toutes, le principe est de dissocier les 2 fonctions de guidage et d'amortissement. Les exemples ont déjà été cités, mais pour moi les seules systèmes réellement aboutis ont été la 1000GTS, et le mono-lever BMW. Les possesseurs de 1000GTS ont toujours loués sa stabilité et sa rigueur à haute vitesse, mais avec un comportement plus "pataud", surtout à faible vitesse, qu'une moto avec fourche classique.
Le système de BMW me semble lui le plus pragmatique : sans partir sur des système aussi compliqué qu'un second bras oscillant, le fait de simplement déporter la fonction d'amortissement en dehors de la fourche conventionnelle fait le job, et de manière assez efficace. Certes la plongée n'est pas totalement annulée, mais en tout cas tous les gens qui ont une BM avec ce système ont toujours apprécié la stabilité de leur moto lors des freinages, et ça sans pour autant perdre en agilité/ habitudes de conduites du fait que la fourche reste presque conventionnelle.
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