Booj a écrit :
Mais je suis tout à fait d'accord avec toi Kawasutra sur le fait que le projet doit être bien mûr dans ta tête avant de te lancer.
Le truc, c'est que je vois tellement de meules qui ne sont que des copies de copies de motos médiatisées…
Faire un truc bien à soi est compliqué et c'est pour moi nécessairement "has-been" autant que prémédité .
Si ça ne l'est pas, cela veut dire que ça s'est déjà vu quelque part et que sa création n'est en fait qu'un fantasme d'imitation.
À coté de cela, mon projet n'existe que dans ma tête et est unique.
Il ne plaît qu'à moi mais je m'en contrefous car je ne veux pas exister à travers lui mais juste faire de mes mains un truc qui répond à mon besoin en terme de meule.
Il n'aura même pas vocation à être pris en photo pour la promotion de mon savoir faire ou le caractère exceptionnel de mon génie créateur mais me servira très prosaïquement de meule sur mesure pour mon seul plaisir à moi que j'ai.
Ses qualités dynamiques et ses fonctionnalités seront au cœur de ma préoccupation et je ne détesterai pas qu'elle soit moche si cela apporte quelque chose de bien à son guidon.
Bref, c'est comme quand je marche pieds nus aux beaux jours dans ma ville: rien à secouer qu'on me prenne pour un mec bizarre ou pas fini.
Je suis bien, je sens la chaleur et la granulométrie du sol que je rejoindrai dans plus ou moins longtemps.
C'est bien pour ma dynamique articulaire et les gens "normaux" m'évitent, ce qui me permet de vivre ma vie peinard.
Maintenant, le seul avantage que j'ai trouvé au fait de me lancer sans avoir fait au préalable le tour de la question dans quelque chose est le suivant: Faire quelque chose que l'on avait pas les moyens humains, techniques ou financiers de faire au départ.
Ça a été certaines fois une façon de me dépasser pour arriver à quelque chose que je n'étais pas en situation de réaliser au départ.
Mais cette déclaration est un non sens si on y pense ne serait-ce que 30 secondes car, si je l'ai fait finalement, c'est bien la preuve que les moyens existaient mais que c'est juste ma perception de l’existence de ceux-ci qui manquait…
Puisque c'était le cas, j'aurai pu faire encore mieux en sachant à l'avance où je mettais les pieds, ce qui ne t'empêchais pas non plus d'ouvrir la porte au hasard des rencontres et des idées qui en découlaient ainsi qu'aux opportunités qui arrivaient et qui font que tu es dans un trip vivant et évolutif.
La différence étant dans une approche plus zen, plus libre et moins stressante ainsi que par des solutions qui n'auraient pas été sous pression ni n'auraient nécessité que je m'embrouille avec Madame au sujet d'un trip qui devait prendre une heure et qui tue le week-end et pourri la vie de toute la famille…
Ce qui mène de nouveau au besoin de savoir à l'avance ce que l'on va consacrer à une tâche et de préméditer les choses.
Car sinon, on en vient à faire des arbitrages qui font souvent des victimes du coté de l'entourage proche, dommages collatéraux que l'on avait décidé au départ de ne pas causer…
Alors, si le plus dur pour soi est de commencer, autant le faire le plus tôt possible, quitte à ne pas être prêt au moment où on se lance.
Mais il faut dans ce cas savoir ne pas se faire entraîner trop loin dans son trip.
Si c'est terminer qui est le plus compliqué en fonction de ses caractéristiques personnelles, alors, il vaut mieux baliser au minimum le chemin, si l'on veut qu'il nous mène quelque part et ne fasse pas des problèmes non voulus au départ du coté de ses proches.
