C'est vieux et donc, c'est plus un compte rendu de sensations vécues qu'un essai informatif que je vous livre.
Reste que cela m'a marqué et que j'avais envie de partager ce moment inoubliable avec vous !

Il s'agissait d'une 1100 gsxr plus du tout d'origine qui devait, au départ être un modèle 87 ou 88.
J'ai pu en profiter lors d'un job d'été dans la mécanique moto .
C'était une moto luxembourgeoise qui venait se faire entretenir en Moselle, les coûts étant meilleurs marché de ce coté ci de la frontière.
Et comme elle était restée plusieurs jours à l'atelier, j'avoue, mais on va dire que c'était par pure conscience professionnelle, l'avoir essayé plus qu'une fois !
Bon, une gex 1100, c'est super connu, mais celle là était "affinée:
- 149 ch roue arrière, vérifié au banc de puissance (130 cv sortie vilo normalement)
- Boite 6 de la 750 (boite 5 d'origine)
- Partie cycle au petits oignons avec notamment un bras oscillant raccourci de quelques cm
1° surprise
Au bout de quelques 100° de mètres à son guidon, on a plus l'impression d'être sur le 750 que sur le 1100; c'est fou ce qu'un bras oscillant de 3-4 cm de moins peu changer la donne !
2° surprise
Purée, c'a met les yeux au fond du casque quand tu tournes le poignet droit !
C'a pousse viril et sans faiblir à tout les régimes avec pour conséquence immédiate de te rendre compte que t'es en train de finir la 3° de ta boite 6 et que tu viens de passer les 200 km/h
Et c'est partit pour un bon quart d'heure de pur plaisir.
Les 5 premières minutes: c'est de la bombe !!!
Les 5 suivantes: essayer de rester en vie
Les 5 dernières: Bon sang, elle freine pas !!!
En fait, elle freine fort mais c'est mon petit corps qui commence à avoir du mal à suivre et à s'accommoder du fait que la prise en main se faisant, le rythme est devenu un peu ... insensé
En fait, c'est avec cette moto que j'ai tappé la plus grosse pointe de mon existence: 280 km/h
Enfin, je dis 280, c'est la vitesse à laquelle j'ai cessé de regarder le compteur, étant trop occupé dans mon combat pour la survie (un bras oscillant court, c'a n'a pas que des avantages)
Enfin, pour tout dire, quand j'ai coupé le moteur, c'était avec un grand soulagement.
Physiquement, j'étais au bout du rouleau.
C'a fait pas "gros bras"
Poignets morts, épaules en bouillie, cervicales malades, sifflement dans les oreilles ...
Et puis, une énorme frustration:
Avec ce genre de machine sur route ouverte, c'est les freins qui servent le plus !
Terrible d'avoir un super jouet sans le terrain de jeu qui va avec.
Et puis, le constat qui s'impose à moi que cette engin, c'est trop pour moi; que si je ne prends pas mes distances, cette machine aura ma peau.
Et pourtant, le lendemain, j'étais de nouveau dessus ...
Ce que j'ai retenu de cet épisode, c'est qu'il faut cultiver le contentement quand on a la chance de rouler à moto, que sa meule sorte 30 ou 230 cv.
Bien sûr, c'est un grand pieds de chevaucher un truc puissant et joueur mais il y a toujours un moment ou on arrive au bout de la formule.
Les lois de la physique, les limites de notre physique et l'environnement s'imposent à nous et transforment une escapade délicieuse en un truc de maso qui ne sait plus ou aller jouer avec sa vie.
Je dis cela sans volonté moralisatrice; c'est simplement la conclusion que j'en ai tiré pour moi-même.
Alors, aujourd'hui et même si une vieille 900 gpz ou un Stinger h2 sont des perspectives qui me tenteraient bien et moins extrême que cette vieille gex ou qu'un truc pêchu de maintenant, je me dit qu'une kawette, c'est une super machine pour les petites routes bretonnes et qu'elle est bien au niveau de ce que je sais faire sur un 2 roues aujourd'hui !
Et oui, la moto et la femme se ressemblent.
Il y a celles qui font rêver mais ce n'est pas souvent celles-là qui font que notre vie en devient un!



